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COURRIER
DES LECTEURS
Témoignage
et lettre ouverte aux députés français.
Je
m'appelle Samuel GAUTIER, j'ai 18 ans et j'habite à Bédée
près de
Rennes.
Je
vous adresse une copie de la lettre ouverte aux députés
français que j'ai
écrite afin de sensibiliser et d'alerter les français
et nos dirigeants sur
la situation actuelle des pays de l'Afrique noire.
J'ai
pensé que cette lettre pourrait vous intéresser. Si
ce document
faisait l'objet d'une quelconque diffusion, merci de m'en informer
au plus
vite.
Je
vous remercie de l'attention que vous voudrez bien portez à
cette
lettre.
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Expéditeur
: Samuel GAUTIER
le 25/11/2002
La Motte Géret
35137 BEDEE
Lettre ouverte aux Députés de la Nation Française.
Monsieur Le Député,
Je vous écris
car je reviens d'un voyage ''découverte et humanitaire''
de 2
semaines au Burkina-Faso et tout ce que j'ai vu est, à mes
yeux, intolérable
et mérite d'être porté à votre connaissance
ainsi qu'à celle des Français.
Pendant 2 semaines,
avec 28 autres personnes de toute la Bretagne, des gens de tout
âge et de toute catégorie socioprofessionnelle, nous
avons
découvert, dans cet état africain une insoutenable
misère et un dénuement
extrême.
Les burkinabés,
dont l'espérance de vie n'est seulement que de 47 ans,
vivent dans des conditions de vie inadmissibles : l'hygiène
est déplorable,
les soins quasi-inexistants et quand ils existent, sont très
chers. Le SIDA
fait des ravages, la pauvreté aussi : le taux de scolarisation
n'est que de
42 % et celui de l'alphabétisation de 22% (source: ministère
de l'éducation
burkinabé).
Nous avons eu
la chance de pouvoir visiter l'hôpital pédiatrique
Charles De
Gaulle de Ouagadougou, hôpital financé en grande partie
par la France et
inauguré en janvier 2001 par Mme Bernadette CHIRAC. Contrairement
à ce qui a été conclu par le Ministre des affaires
étrangères français en visite au
Burkina les 20 et 21 juillet 2002, l'hôpital souffre de problèmes
très
importants de personnels et de moyens et n'accueille que très
peu de malades comparé
à ses capacités affichées. Les burkinabés
''du peuple'' n'ont pas accès à cet hôpital
car les soins sont très chers et le personnel
quasi-inexistant.
Le Burkina souffre
également beaucoup de la crise qui secoue la Cote d'
Ivoire actuellement ; tous les flux de marchandises et de personnes
sont
aujourd'hui stoppés comme le témoigne la fermeture
de la gare de
Bobo-Dioulasso, 2ème ville du pays, où tous les employés
ont été mis au
chômage. Le pays s'apprête, avec anxiété,
à voir revenir les 4 millions de
Burkinabés qui travaillent en Cote d'Ivoire, ce qui ne sera
pas sans poser
de problèmes.
Tout ce que
je décris n'est qu'une infime partie de ce que nous avons
vu. La
réalité est terrible, Monsieur le Député,
aussi terrible qu'il faut la voir
pour croire qu'elle existe vraiment. C'est pour cela que je pense
qu'il est
aujourd'hui de mon devoir de témoigner de ce que j'ai vu.
Il est temps
aujourd'hui, Monsieur le Député, que la France joue
pleinement
son rôle en aidant les pays d'Afrique plutôt que d'agir
en fonction de ses
intérêts économiques et politiques comme elle
le fait aujourd'hui.
Je pense également
que les problèmes de terrorisme et d'insécurité
dont
font face actuellement nos pays occidentaux vous préoccupent
beaucoup : il
serait assez judicieux de se poser la question du ''pourquoi'' de
ces
révoltes et de cette haine. Si le monde dans lequel nous
vivons serait un
peu plus juste et solidaire, ces problèmes que nous rencontrons
aujourd'hui
et qui s'amplifieront dans les années à venir si rien
n'est fait n'
existeraient probablement pas.
Monsieur le
Député, vous qui êtes à l'initiative
des lois qui régissent ce
pays, vous qui avez le sort de notre pays mais aussi de d'autres,
peut être
sans le savoir, entre vos mains, de quel bord politique et religieux
auquel
vous appartenez, je vous supplie humblement d'agir et de faire un
geste
significatif et réel envers ces populations qui souffrent.
La suppression
de la dette des pays d'Afrique envers la France pourrait, par
exemple, faire énormément de bien à ces pays
: celle-ci empêche tout
développement car elle est trop lourde et pèse sur
leur économie.
Monsieur le
Député, n'attendez pas de nouvelles catastrophes humanitaires
pour faire quelque chose. Sachez que l'on n'en n'est pas loin et
que
celles-ci seraient une nouvelle fois dramatiques et horribles si
elles
devaient arriver.
Je porte beaucoup
d'espoirs en vous et en le monde politique de mon pays qu
'est la France qui est capable, à mon sens, de comprendre
les soucis et les
préoccupations des Français et d'agir réellement
en leur faveur. J'espère
simplement ne pas être déçu.
En attendant
une réponse la plus claire et la plus précise possible
de
votre part, je vous prie d'agréer, Monsieur le Député,
l'assurance de mes
sentiments les plus distingués.
Samuel GAUTIER
(samg.bzh@wanadoo.fr)
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